WENDLING/COCHARD, un duo qui va faire coasser dans les mares alentour...

Crôa! est un petit jeu de société qui a ravi plus d'un joueur. Il faut dire que ce jeu a une particularité : il n'en fini plus d'être réédité !
Si les règles ne changent pas d'une version à l'autre (le titre non plus d'ailleurs, alors que c'est le corbeau qui croasse !), les illustrations du jeu, elles sont en constante évolution depuis 13 ans !
 
1999 - Crôa! sort chez Darwin Project. Le jeu est alors illustré par YOANN.
2007 - Le jeu sort cette fois-ci chez Play Factory, avec des illustrations de Mathieu LEYSSENNE.
2011 - Le jeu est repris par le duo Iello/Origames et c'est Benjamin REYNAL qui donne
une autre vision de la fameuse mare aux grenouilles.
2012 - Les mêmes éditeurs ressortent Crôa! en demandant cette fois-ci à un duo de travailler sur les illustrations du jeu. Et ce duo, composé de David COCHARD et de Claire
WENDLING, va une nouvelle fois donner un nouvel élan au jeu.
Crôa!, illustré par Yohann ...(1999)


Crôa!, illustré par Mathieu LEYSSENNE (2007)

Crôa!, illustré par Benjamin REYNAL (2011)

Crôa!, illustré par David COCHARD & Claire WENDLING (septembre 2012)


C'est rigolo de voir l'évolution de cette couverturte de jeux et surtout de voir comment chaque illustrateur interprète son cahier des charges. Alors il est possible que les contraintes aient changées au fil des jeux, mais on notera que la dans dernière version, celle de 2012, la reine des grenouilles est beaucoup moins "maternelle" que dans les deux éditions précédentes... Cela tient presque de la grande Dame et de son harem ! Voilà même que la Reine se laisse aller à un petit bisou venu de l'un de ses prétendants !
Faut-il y voir un double autoportrait transposé sur une feuille de nénuphare ? Cela n'est pas impossible, tant Claire WENDLING attire l'admiration de bon nombre de ses collègues illustrateurs. 

Quoi ? J'entend que vous murmurez quelques mots... Vous ne connaissez pas Claire WENDLING ? Petit rappel pour ceux du fond qui n'étaient pas attentifs à ce qui s'est passé ces dernières années dans le petit monde de l'illustration animée ou non...

Claire WENDLING est une artiste, illustratrice et dessinatrice de bande dessinée. L'une des plus douée de sa génération selon bon nombre de ses semblables. Elle a raflé le prix « Alph'Art avenir » du festival d'Angoulême avant d'intégrer les éditions Delcourt où elle a travaillé sur des ouvrages collectifs avant de créer sa propre série de BD (Les Lumières de l'Amalou). Elle passe ensuite au dessin d'animation, à Los Angeles pour la maison Warner (rien que ça !) avant de revenir en France. 
De retour, elle publie un ouvrage de croquis et participe à la conception graphique du jeu vidéo Alone in the Dark IV.
En 2010, elle sort un splendide ouvrage (Daisies) qui rassemble deux de ses sujets favoris : les dessins d'animaux et les dessins de femmes.



Vous commencez à voir le rapport avec la couverture de Crôa!, non ?
Si l'illustration de son premier jeu de société (Kwazooloo) est plutôt passée inaperçue (le jeu aussi d'ailleurs), il y a fort à parier qu'il n'en sera pas de même pour cette collaboration avec David COCHARD.




(Kwazooloo-Gigamic-2006)


David COCHARD est aussi un touche-à-tout artistique (cartes postales, illustration de livres de jeux de rôles, storyboard de pub, dessins pour enfants...). Il est aussi à l'aise avec un pinceau qu'avec un logiciel de graphisme. La différence avec Claire WENDLING, c'est que David COCHARD est un habitué de l'illustration de jeux de société. Vous avez certainement joué à l'un des nombreux jeux qu'il a illustrés (seul ou en collectif):

 

 

   

 

Tous n'y sont pas, mais on peut considérer que le petit monde des jeux de société n'a plus beaucoup de secrets pour lui. Que ce soit sur du jeu d'enfant, d'expert, de cartes ou de plateau, David a mis ses nombreux styles (des traits les plus simples aux reflets et profondeurs les plus complexes) au service du monde ludique. Vlaada Chvàtil en a d'ailleurs fait l'un de ses illustrateurs favori pour illustrer plusieurs de ses jeux.


Ce duo s'est donc réuni pour la nouvelle version de Crôa!. Ils se sont répartis les rôles : Claire WENDLING a fait le dessin de la couverture tandis que David COCHARD l'a colorisée. Il a aussi fait toutes les cartes du jeu.


La style et le coup de crayon marron de Claire WENDLING sont très reconnaissables ici.
David COCHARD a ensuite numérisé le dessin de sa partenaire, supersposé plusieurs calques, y a colorisé chaque élément pour arriver à l'illustration finale de la couverture de Crôa!


On voit bien ici les différents calques superposés. La légère brume sur l'eau, la couleur du ciel, la feuille centrale avec la Reine et son courtisan, les envieux, le brochet ... 




Tests de couleurs et de reflets pour les différents batraciens ...



Les reflets sont aussi apparus sous le brochet ...

 Tiens, un moustique !


Pour arriver à la couverture finale...
(Crôa! de Igor Polouchine-Iello/Origames-à paraître en septembre 2012)


Un très joli travail d'équipe entre deux excellents dessinateurs et coloristes. Il n'en faudra pas plus, j'en suis sûr, pour que ce jeu connaisse un nouvel essor.

Cette double contribution de Claire WENDLING et de David COCHARD au monde de l'illustration de jeux de société est une fois de plus la preuve que les éditeurs attachent une grande importance aux visuels de leurs produits. Pour cela, ils font de plus en plus appel à des illustrateurs de renom qui se prêtent à ce "petit jeu".
Si BULLE DE JEUX peut contribuer à mettre ce travail en lumière, ce n'est qu'un juste retour des choses envers le talent que ces illustrateurs ont en eux.

 
Tetdos

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Le KIBOSSOU - N°2

Comme lors du dernier KIBOSSOU, vous allez trouver ci-dessous 4 bureaux d'illustrateurs/illustratrices de jeux de société.
4 lieux de travail, de recherche, de peaufinage de traits, de colorisation, de ratures ...
Mais qui officie à ces 4 bureaux ?
Telle est la question du KIBOSSOU !

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Tetdos 

DJIB entra dans l'arène ...

... et la foule se tut.
C'était la première fois que les spectateurs ludiques, adeptes des jeux de plateaux voyaient ce DJIB.
Certains en avaient déjà entendu parlé quelques années auparavant sous le nom de Jean-Baptiste REYNAUD ou de JIBE. Il oeuvrait à ce moment- là en tant que concepteur graphique pour une maison de jeux vidéo (Eden Games). D'autres le savaient lié à Black Book Editions, Asmodée ou Play Factory où ce gladiateur du coup de mine illustrait du jeu de rôle. Il se murmurait même qu'il avait trempé dans l'encre de la presse jeunesse (Chaudron Magique).
A dire vrai, lorsque les portes de l'arène se refermèrent derrière lui, rares étaient ceux qui savaient ce qu'il allait advenir de ce DJIB...

Il avait été envoyé là par un certain Guillaume Blossier, créateur, avec son compère Frédéric Henry, de la maison d'édition Pulsar Games .
Ils lui avaient demandé de reprendre les illustrations d'un ancien jeu (Mad Arena) qu'ils voulaient ressortir sous le nom d'Ultimate Warriorz.



Ce jeu était un jeu de baston entre 7 personnages où seul le plus valeureux, le plus fourbe et le plus chanceux serait le dernier survivant, le guerrier ultime.

(Mad Arena-Guillaume Blossier-Les XII Singes-2008)


La mission de DJIB était la suivante : redonner un coup de neuf à ces sept personnages et en rajouter un huitième ! Ni une, ni deux : Djib l'avait acceptée.
La chose n'était pas aisée car les personnages avaient déjà leur identité visuelle, leur propre caractère.

Djib entra donc dans l'arène... La foule, attentive, se tut.
Soudain, dans un élan de poignet, l'illustrateur esquissa ses premiers traits.






En quelques coups de crayons et de palette graphique, Zamioculcas était revenu des flammes de l'enfer !

Un temps silencencieuse, la foule murmurait maintenant, très étonnée. Etonnée que DJIB ne leur ai pas été présenté plus tôt. Etonnée des capacités graphiques de ce Maximus du pixel !

Ne laissant pas le temps à sa mine de crayon de repousser, voilà que DJIB esquissait les traits d'un grand bout de bois adepte du bowling : Baobab.


A ce moment-là, ce furent de nombreuses paires d'yeux qui s'émerveillèrent de ces traits affutés, précis, justes.
D'abord sceptiques, les adeptes du jeu de société qui garnissaient les gradins de l'arène étaient en train de tomber sous le charme de cet inconnu scribouillard qui déboulait sans se poser de question dans l'antre des jeux de plateaux. Mais ils n'avaient pas encore tout vu, loin de là.

Djib entama ensuite une succession de tracés, tantôt gris, tantôt colorés dans le but de redonner vie à un autre individu : Burdok du clan Mac-Leon et sa légendaire épée ClaymoreThunderblade.

 Un petit croquis pour commencer...
 Des traits plus affinés, sur ses gardes ...
 Une version plus aggressive
 Et hop !
Le même en couleurs ...
  Un peu de volume, des éclairages...
 Moustaches, tatouages et autres motifs...
Et le fameux rayon sortant de la Thunderblade !



Des applaudissements, des encouragements montaient maintenant des travées. Djib avait désormais ses adeptes, ses admirateurs. Il était en passe de réussir son pari : illustrer son premier jeu de société. 

Mais Djib n'en oubliait pas pour autant ce que lui avait demandé ses chefs : dessiner un huitième personnage. Ce sera Jojoba.




Epoustoufflé pas cette dernière réalisation, le speaker de l'arène, un certain Tetdos, sorti de derrière les pallissades et couru lui poser cette question :
"Mais comment avez-vous eu l'idée de ce nouveau personnage ?"

Djib s'arrêta de dessiner. Il leva les yeux vers cet intrus qui venait le déranger. Après de longs instants silencieux, il déclara d'une voix posée, sans reprendre son souffle :

"Pour Jojoba, c'est une commande de Guillaume. C'est en effet le seul personnage "original" de la boîte de base d'Ultimate Warriorz par rapport à Mad Arena.
Globalement, je suis resté assez fidèle aux designs de base d'Olivier Fagnière, dessinateur de Mad Arena, avec ma "touche" perso bien sûr, un peu plus "comics/cartoon". Pour Jojoba, son descriptif était simple, mais précis concernant ses capacités, sa taille, ses armes...
Graphiquement, il m'est venu assez naturellement ; j'ai rapidement trouvé sa trogne de teigne verte, le côté iroquois/punk avec sa crête de plumes, etc... Pour ses armes et vêtements, je voulais quelque chose d'assez "brut de décoffrage", un peu rafistolé, ouvragé façon "gob'", comme pour les flèches par exemple.
En fait, à chaque fois pour ces personnages, j'essaie de trouver un petit détail qui donne un côté moins sérieux au personnage, un peu second "degré", qui peut apporter, toutes proportions gardées, un peu d'épaisseur au personnage, un début d'histoire (anneau dans le nez de Sorgho, les sandales à pointes de Burdock, le logo sur le costume d'Agaric, etc...).
Guillaume, très à l'écoute et aimant beaucoup travailler le background de son univers et détailler l'historique de ses personnages, est souvent très friand de ce genre de détail. Il me donne une bonne liberté concernant ce genre de choses, et ça peut même parfois lui inspirer quelques points de règles.
Voilà, en somme, j'essaie d'aller un peu au-delà du descriptif de base du personnage, en imaginant ces petits trucs. Ca m'aide à le dessiner, à me l'approprier. Et pour un jeu comme Ultimate Warriorz, qui est pas mal basé sur le "charisme" des personnages, comme pour un jeu de baston sur consoles de jeu, je pense que ça peut apporter un p'tit plus."

Un autre silence, celui des spectateurs s'en suivi. Cet homme avait du coffre.

Le speaker s'écarta, sentant bien que DJIB n'avait pas terminé son oeuvre. Levant les yeux vers un public qui n'en n'avait que pour lui maintenant, il rajouta : "Maintenant, la boîte".

Et joignant la parole à ces coups de crayon, DJIB expliqua son travail afin que tout le monde comprenne bien :

"de gauche à droite, le minotaure matador s'apprête à embrocher le highlander, qui est en train de se faire canarder par l'indien goblin. Ce dernier manque de peu de se prendre la pierre de bowling de l'homme-arbre qui l'avait pourtant réservé au gladiateur orc, évitant lui aussi de justesse le bolide... L'homme-arbre, lui, se fait sournoisement crâmer au passage par le dragon qui est en train de se démener pour éjecter de son museau le petit mousquetaire. Le samouraï nain est ici en électron libre, il se jette au coeur de la meule, prêt à en découdre avec tout le monde..."














(Ultimate Warriorz-Guillaume Blossier-Pulsar Games-2011)


Une fois la boîte terminée, DJIB se releva. Recula pour contempler son travail.
La foule, en délire, scandait : "DJIB DJIB DJIB DJIB DJIB ...."

Humblement, Djib salua la foule et s'en retourna dans les entrailles de l'arène dont les portes lui avaient été ouvertes.
Il venait de réussir son entrée dans le monde des illustrateurs de jeux de société. Et de quelle manière !

Les travées mirent très longtemps avant de se vider. Les spectateurs étaient encore sous le charme de cette démonstration et n'attendaient plus qu'une chose : que DJIB revienne et entre, de nouveau, dans l'arène.
Moi aussi.


Tetdos



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Pour en savoir plus sur Ultimate Warriorz : chez Pulsar Games